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Laurent Berger : «Passer à la hussarde sur le Code du travail, ça ne marchera pas»

INTERVIEW – Le secrétaire général de la CFDT met en garde le chef de l’Etat contre une forme de pouvoir trop verticale. Il l’appelle à développer la cogestion dans les entreprises.

Quelle lecture la CFDT fait-elle des résultats de l’élection présidentielle ?

Ce qui frappe, c’est le peu d’enthousiasme après la victoire d’Emmanuel Macron sur le Front national, l’absence d’émotion, contrairement au 21 avril 2002. Cette élection présidentielle révèle plusieurs choses : une formidable attente de renouvellement, mais aussi beaucoup de défiance à l’égard des responsables politiques ainsi qu’un sentiment d’abandon de la part de certains Français. Il y a une sorte de « nihilisme » politique qui s’est exprimé. Trop de Français sont tout simplement « paumés ». La société française est en attente de sens et de décisions « à hauteur d’homme », au service d’un projet collectif et non pas imposé d’en haut. Le nouveau président doit faire attention à sa façon de fonctionner : une forme de pouvoir jupitérien, trop vertical, ne pourrait pas marcher.

Edouard Philippe vient d’être nommé Premier ministre. Y voyez-vous un signal positif ou négatif ? Et quel devrait être, selon vous, le profil du futur ministre du Travail ?

La CFDT prend acte de la nomination d’Edouard Philippe. Nous ne choisissons pas nos interlocuteurs. Personnellement, je ne le connais pas. Je ne sais pas quelle est sa conception du dialogue social. Il faudra qu’on le rencontre très vite pour entrer dans le fond des dossiers.

Pour ce qui est du prochain ministre du Travail, pour nous, dans l’idéal, ce doit être quelqu’un qui connaît le monde du travail, ses nécessités économiques mais aussi son besoin de justice sociale, quelqu’un qui croit au dialogue social et qui a envie de s’occuper d’emploi, mais aussi de travail. Notre enquête auprès des salariés l’a montré, il y a une profonde aspiration à rendre plus visible ce qui fait la vie quotidienne des salariés, les questions de conditions de travail, la construction de vrais espaces de dialogue pour les salariés…

Où sont les lignes de fracture dans la société française, selon vous ?

Ce ne sont pas 7 millions de partisans d’extrême droite qui ont voté Marine Le Pen au premier tour, ce sont souvent des Français qui ont l’impression d’être oubliés, à cause d’industries qui sont parties, de services publics qui ont fermé… Quand le premier médecin est à 45 kilomètres de chez vous, vous avez le sentiment d’être abandonné. Il faut sortir de la seule macroéconomie et faire des propositions qui changent réellement la vie de ces citoyens.

L’explosion des partis politiques préfigure-t-elle celle de certains syndicats ?

Nous devons tous nous demander si nous produisons des idées nouvelles depuis quinze ans. LR, PS… Les grands partis ont manifestement déserté ce champ. Pas nous. A la CFDT, nous sommes à l’écoute des demandes concrètes des travailleurs et dans un monde en forte mutation, nous portons un projet et des propositions.

Certains mettent la légitimité du président en doute parce qu’une partie de ses électeurs a voulu faire barrage au FN et n’a pas soutenu son programme. Qu’en pensez-vous ?

Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour et il a obtenu 66 % des suffrages au second. Il est légitime. Il n’y a aucun doute là-dessus. Et personne n’a intérêt à ce qu’il échoue. On ne sait pas ce qui se passerait alors, je pense même au risque d’affrontements violents. Face à une société angoissée, le nouveau chef de l’Etat doit être vigilant sur la méthode. Il n’a aucun intérêt à y aller « à la hache » en déroulant un programme technocratique sans concertation. Ce serait perdant pour le pays et perdant pour lui. Le dialogue n’est jamais une perte de temps. Emmanuel Macron doit se nourrir des réflexions des acteurs et de la diversité de la société.

N’est-ce pas encore et toujours des grand-messes, donner du temps au temps alors qu’il y a une demande de résultats ?

La CFDT n’est ni une opposante ni une alliée par principe. Mais il faut faire attention à l’empilement. Prenons l’exemple de l’emploi. Ces dernières années, de nombreuses réformes ont été lancées pour lutter contre le chômage : rupture conventionnelle, nouvelles procédures pour les plans sociaux, restauration des marges des entreprises… Je demande qu’une éva­luation en soit faite.

Même chose sur les indemnités prud’homales que le président veut plafonner. On a mis en place un barème indicatif, ne faudrait-il pas d’abord mesurer ses résultats ? Nous pensons que le préjudice subi doit être réparé intégralement. J’attends d’ailleurs la démonstration de l’efficacité d’un plafonnement.

Il marche en Allemagne…

En Allemagne, ce qui est efficace, c’est le dialogue social. Quand on parle de souplesse du marché du travail, on cite aussi toujours ce pays en exemple. Mais j’aimerais que le patronat s’inspire de celui d’outre-Rhin également sur la cogestion. Le patronat allemand est moins conservateur que le nôtre. En France, la CFDT a pris le risque de soutenir la politique de restauration des marges des entreprises, mais le patronat ne joue pas le jeu en ne prenant aucun engagement sur l’emploi. Il faut qu’il sorte de la plainte permanente et s’engage réellement dans le dialogue social.

Donc vous ne voulez pas de la réforme du Code du travail qu’Emmanuel Macron a promise pour la rentrée par ordonnance ?

Ordonnance ou pas, ça, c’est une question qui concerne l’exécutif et le Parlement. Nous, c’est le fond qui nous intéresse. Une réforme du Code du travail à elle seule ne va pas créer de l’emploi. Nous croyons au renforcement du dialogue social dans l’entreprise, mais pas dans n’importe quelles conditions. Il faut y renforcer le pouvoir des salariés. Il faut dans le même temps que le socle garanti par la loi en l’absence d’accord reste à un niveau élevé, voire plus élevé qu’aujourd’hui.

En outre, une réforme hâtive du Code du travail serait contre-productive. Il faut regarder sujet par sujet ce qui relève de la négociation d’entreprise. Le temps de la concertation est indispensable. Si Emmanuel Macron veut passer à la hussarde, ça ne marchera pas. Il se trompe s’il croit que légiférer par ordonnance dès la rentrée lui permettra d’éviter un conflit social.

La CFDT défend donc le statu quo ?

Non, cela ne veut pas dire que la CFDT défend le statu quo. Mais le gouvernement devra commencer par évaluer, écouter, parler. Il devra jouer la transparence et la concertation, et donner du sens à son projet. Et ne pas se focaliser sur le seul Code du travail. Il ne faut pas oublier que les leviers essentiels pour développer l’emploi sont nombreux : investissements massifs dans la transition écologique, montée en gamme de nos industries, formation professionnelle et accompagnement soutenu pour les salariés comme pour les demandeurs d’emploi, action publique plus efficace, mais également développement de la cogestion dans les entreprises. Emmanuel Macron a évoqué ce sujet pendant la campagne électorale. Il est pour nous essentiel.

Le président de la République veut renforcer le rôle de l’Etat dans l’assurance-chômage. Craignez-vous d’être laissés de côté, comme c’est le cas pour l’assurance-maladie ?

Au départ, Emmanuel Macron parlait d’étatisation. Maintenant, il parle de tripartisme, ce qui n’est pas la même chose. Aujourd’hui, nous sommes dans une forme de tripartisme non avouée : l’Etat est concerné, ne serait-ce que parce qu’il agrée les conventions et qu’il garantit la dette du régime. Et, en réalité, il y a déjà un dialogue constant ­ – mais informel – entre l’Etat et les partenaires sociaux.

Une discussion va s’ouvrir à l’automne. Nous y sommes prêts. Mais il n’est pas question que nous soyons exclus de la définition des règles et de la gestion de l’assurance-chômage. Par ailleurs, le projet d’Emmanuel Macron pour aller vers un système universel amène plusieurs questions : quel niveau d’indemnisation serait garanti, quelle ampleur serait proposée pour l’aide au retour à l’emploi… Par expérience, je sais qu’une sécurité financière permet de se concentrer sur sa recherche d’emploi.

Que pensez-vous de la suppression de l’indemnisation pour les chômeurs qui refuseraient deux offres d’emploi, annoncée par le chef de l’Etat ?

C’est un pur affichage politique et une mesure cosmétique. Il y a déjà un dispositif de sanction ! Il faut arrêter avec cette idée reçue du chômeur à qui on doit mettre un coup de pied aux fesses pour qu’il retrouve du travail. Croyez-moi, j’ai côtoyé beaucoup de chômeurs qui n’attendaient que de l’accompagnement et des offres d’emploi.

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0212088588003-laurent-berger-passer-a-la-hussarde-sur-le-code-du-travail-ca-ne-marchera-pas-2087072.php#4Ccd71l0JTV3tw8R.99

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

DÉCLARATION DE
La Commission exécutive de la CFDT
N°23 du 17 mai 2017

La CFDT, force de propositions

La CFDT prend acte de la composition du nouveau gouvernement annoncée par le secrétaire général de l’Elysée aujourd’hui.
Nous attendons maintenant de rencontrer les différents ministres, dès que possible, afin de porter à leur attention les sujets prioritaires pour la CFDT : le travail, l’emploi, la protection sociale, l’action publique, le dialogue social, la transition écologique, l’Europe…
La CFDT sera force de propositions et souhaite que ce gouvernement laisse toute sa place à la concertation et au dialogue social.
Devant la nécessité d’une démocratie renouvelée, c’est à la fois la garantie de la justice et de l’efficacité.

AG

VENDREDI 19 MAI à 14H30

Yvon Goarvot, directeur depuis 2004 quitte Pont-Audemer pour Falaise.

La direction vous convie à une réunion d’information sur le projet médical 2017-2021.

Cette réunion se tiendra dans la salle polyvalente de l’EHPAD Bernardin.

Afin de permettre au plus grand nombre d’assister à cette présentation, le temps de la réunion sera compté comme temps de travail pour les personnes en repos.

Rappel : afin de venir à cette réunion, vous devez remplir une feuille d’autorisation spéciale d’absence (imprimé jaune / disponible sur l’intranet) et le remettre à votre responsable au moins trois jours avant la réunion.

L’équipe CFDT

 

 

 

Lettre ouverte de Laurent BERGER à Emmanuel MACRON

Pubié dans LE MONDE 

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Monsieur le Président de la République,

Vous venez d’être élu par plus de vingt millions de Français qui ont choisi de vous apporter leur voix. Votre élection représente la victoire de la République sur la haine. Fidèle à ses valeurs, la CFDT a pris toute sa part dans le combat pour faire barrage à l’extrême-droite. Il y a des moments dans l’histoire qui ne supportent pas l’ambiguïté : notre appel à voter pour vous au second tour a été clair.

Les conditions particulières de votre élection vous obligent certes à tenir compte de ceux qui vous ont soutenu, mais aussi de ceux qui ont voté pour vous, non par adhésion à votre programme, mais par rejet du Front National.

Lors de cette élection, les Français ont exprimé autant de peur et de défiance que d’attentes et d’espoir, auxquels il faut répondre. Ce qui s’est exprimé, c’est aussi une aspiration à la fraternité, à la solidarité et à l’amélioration des conditions de vie et de travail face à la précarité, au chômage et à la pauvreté.

C’est d’une ambition partagée et d’un projet d’avenir dont nous avons besoin pour sortir par le haut de la dépression collective dans laquelle nous sommes englués. Il faut recréer de la cohésion, ouvrir des perspectives pour chacun et pour tous les territoires de la République, lutter contre les divisions qui nous minent et le repli sur soi.

Construire un monde de progrès et de justice sociale, où chacun peut trouver sa place et mener une vie digne, où la jeunesse retrouve confiance dans l’avenir.

C’est un projet à mener au niveau européen : si la convergence économique et fiscale que vous appelez de vos vœux est indispensable, l’Union européenne doit avant tout être plus sociale et créer de la solidarité entre Etats, mais aussi entre citoyens européens. De nombreuses initiatives pourraient le permettre, comme la garantie de salaires minimum en Europe, ou d’une assurance-chômage européenne.

En France, l’urgence, c’est d’abord de créer des emplois de qualité car le chômage est insupportable. Pour cela, il ne suffira pas d’encourager les « success stories » et les aventures individuelles. Une nouvelle réforme du code du travail, surtout si elle est menée sans concertation, ne peut pas non plus être une recette miracle.

N’oubliez pas, Monsieur le Président : il n’y a pas de réformes acceptées si elles ne sont pas justes, comprises et concertées.

Vous devez investir massivement dans les emplois de demain, dans le numérique bien sûr mais aussi dans les transitions écologique et démographique.

Pour faire face aux changements, il faudra également investir dans l’émancipation des personnes, grâce à de nouveaux droits sociaux. L’accès aux modes de garde et à l’éducation dès le plus jeune âge, la formation tout au long de la vie, la garantie du pouvoir d’achat, le droit pour tous à l’accompagnement avec le Compte personnel d’activité. Voilà de quoi les travailleurs ont besoin pour être réellement libres de choisir leur vie !

Mais vous ne devrez pas oublier les plus fragiles, ceux qui doivent faire face à un « incident de parcours », ceux qui se sentent isolés dans des territoires abandonnés, ceux qui n’ont même pas le minimum pour vivre dignement. Bâtir une société inclusive pour toutes et tous en particulier les personnes vivant des situations de dépendances, de maladies, de handicaps, de solitude est un impératif moral, autant qu’une opportunité de créer des emplois locaux.

Investir dans les emplois, dans l’émancipation des personnes et protéger les plus fragiles exige une action publique présente sur tous les territoires et des fonctionnaires reconnus.

Monsieur le Président, dans les 5 ans à venir, vous serez à la tête d’un pays qui devra faire face à d’immenses défis. Et, vous le savez bien, vous ne pourrez pas les affronter seul. Le mythe de l’homme providentiel, qui décide tout d’en haut, est un mythe dangereux pour notre démocratie. Les citoyens ne supportent plus d’être consultés une fois tous les 5 ans. Les travailleurs n’en peuvent plus d’être traités comme des êtres mineurs dès lors qu’ils passent le seuil de leur entreprise ou de leur administration.

Partagez le pouvoir ! Donnez de l’air à notre société ! Laissez de l’espace aux organisations dont la mission est de faire entendre la voix de ceux qui n’en ont pas. Faites confiance aux organisations qui permettent aux individus de s’organiser ensemble pour peser sur leur avenir ! Sans la démocratie sociale, la démocratie politique est impuissante.

Monsieur le Président, dans le contexte qui est le nôtre, vous devez le pressentir, vous ne bénéficierez d’aucun état de grâce. A vous de savoir si vous voulez utiliser votre victoire pour mettre la société en mouvement vers un avenir commun, ou si vous préférez tenter de diriger d’en haut un pays qui aspire pourtant à un exercice du pouvoir profondément renouvelé. Un pouvoir partagé au service d’une société plus juste, plus écologique et plus solidaire. Nous attendons de vous des actes forts dans cette direction.

Quoi qu’il en soit, la CFDT, premier syndicat dans le secteur privé et largement implanté dans le secteur public, saura défendre sa vision de la société et ses propositions, participer aux discussions et aux négociations, et s’engager. Elle saura également s’opposer aux mesures qu’elle jugerait injustes.

La CFDT ne sera ni un allié docile, ni un opposant de principe, mais une organisation syndicale qui assume en toute indépendance à la fois son rôle de contre-pouvoir et de contributeur à l’intérêt général.

DROIT A LA DECONNEXION

par Jérôme Chemin, Secrétaire national de la CFDT Cadres.

Si vous êtes tombés dans un profond sommeil depuis quelques mois ou avez migré sur une autre planète, vous ignorez peut-être que le droit à la déconnexion des outils numériques a fait son entrée dans le code du travail depuis le 1er janvier 2017.

Nous pouvons ainsi lire à l’article L2242-8 que « La négociation annuelle sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail porte sur […] les modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion et la mise en place par l’entreprise de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale… ».

Beaucoup se sont alors emparés de ce sujet. Parmi eux, certains journalistes, sociologues ou juristes, en somme des « sachants » qui ont voulu se démarquer en écrivant ici ou là de façon plus ou moins provocatrice (et avec parfois une bonne dose de mauvaise foi) que ce droit n’était pas nécessaire voire contreproductif.

Voici donc un inventaire non exhaustif de ce que nous avons pu lire ici ou là et quelques éléments de réponse :

  • Cette loi ne servirait à rien car elle se focaliserait sur les outils

Ce n’est absolument pas l’esprit dans lequel a été portée cette revendication au sein de la commission Mettling et ce n’est pas non plus l’esprit de la loi. Quand on parle des « modalités du plein exercice » du droit à la déconnexion, il est évident que ce plein exercice ne peut se satisfaire d’une simple injonction faite au salarié de couper son téléphone et ou d’éteindre son ordinateur à 18h. S’il reçoit un travail à faire à 17h50 pour le lendemain 9h, lui demander de se déconnecter ne sert à rien s’il n’a pas terminé sa tâche.
Négocier le droit à la déconnexion, c’est donc se poser la question de savoir pourquoi les gens se connectent ou reconnectent en dehors des heures de travail habituelles. C’est parler de l’organisation du travail dans l’entreprise et de la charge de travail confiée à chacun. Cette charge empêche d’ailleurs certains de se déconnecter des outils dont ils ont besoin pour y faire face.

  • Cette loi infantiliserait les salariés

Si on perçoit en effet cette loi comme l’ordre de se déconnecter des outils numériques alors on retrouve effectivement l’esprit du « éteins ton portable et viens à table » adressé chaque soir à nos chères têtes blondes.
Loin d’infantiliser les salariés, elle les invite au contraire à s’interroger individuellement et collectivement sur leur rapport aux outils, sur la façon dont ils appréhendent leur connexion, sur les interactions que ces sur-connexions engendrent (si envoyer un mail à 22h ne me gêne pas, celui qui le reçoit peut être importuné). Une loi sur la déconnexion qui permet de négocier ce droit au plus près des réalités du terrain permet de définir des règles communes acceptées par tous et déterminer ensemble ce qui peut être fait ou non. Les outils sont de plus en plus puissants : de même que les voitures peuvent aujourd’hui atteindre les 200kms/h, il a été défini une norme fixée à 130kms/h sur les autoroutes pour limiter les accidents. Ainsi, si les outils permettent de nous connecter H24, il n’est pas inconcevable de fixer des bornes à ne pas dépasser pour la sécurité de tous.

  • Cette loi est en contradiction avec l’autonomie accordée aujourd’hui à certains salariés

Comme le confirment les études récentes dont celle de la Dares sur les conditions de travail, les salariés n’ont cessé de voir leur autonomie diminuer depuis les années 1980. Parmi les causes de cette baisse de l’autonomie, on peut aisément citer les outils numériques. Le mail est vécu par beaucoup comme une injonction continue à laquelle il faut répondre sans cesse. Les managers sont contraints de produire de plus en plus en plus de reportings au point pour certains de passer plus de temps à rédiger des rapports sur ses tâches qu’à les exécuter !
La déconnexion, ce n’est donc pas qu’un droit à faire valoir hors temps de travail mais tout au long de la journée. Pouvoir s’astreindre à ne pas consulter ses mails pendant une réunion pour être plus efficaces, couper ses accès quand on a besoin de se concentrer ou bien ne pas répondre à son téléphone quand on est en discussion avec ses équipes font aussi partie du droit à la déconnexion et de la véritable autonomie accordée au travail.

  • Cette loi empêcherait ceux qui veulent se reconnecter le soir de le faire

Certains salariés aimeraient disposer d’une plus grande latitude dans la gestion de leur temps de travail sur la journée. La libre connexion est ressentie par un grand nombre d’entre eux comme une garantie de liberté et d’autonomie. C’est le cas par exemple de certains parents qui apprécient de pouvoir se reconnecter en fin de journée une fois leurs obligations familiales accomplies. (Reste à savoir d’ailleurs si toutes ces connexions « parentales tardives » sont bien librement choisies, mais c’est un autre sujet !). Il ne faut pas pour autant oublier le cas de ceux qui après avoir été connectés toute la journée le restent le soir, dans l’épuisement le plus total … Les facilités d’organisation des uns ne doivent pas masquer les pressions et contraintes des autres : si en effet le droit à la déconnexion est bien désormais inscrit dans le droit du travail, notons qu’aucune sanction n‘est prévue pour ceux qui ne la respectent pas ni pour les employeurs responsables pourtant de la sante de leurs salariés. C’est bien justement parce que cette responsabilité existe déjà (respect du droit au repos quotidien et hebdomadaire…) qu’il n’est pas apparu nécessaire de mettre des garde- fous supplémentaires. Car l’exemple donné prouve que la déconnexion loin de se focaliser sur les heures de connexion renvoie au contraire chacun devant son propre ressenti face à la connexion. Se connecter de temps en temps le soir peut nous paraitre supportable mais que faire si cette connexion devient quotidienne et impacte notre santé et notre vie familiale ? On le voit bien ce droit à la déconnexion, comme l’indique l’article de loi, doit s’accompagner d’une formation aux usages – pas seulement aux outils ! – du numérique. Cette formation peut être complétée par un bilan des mails générés en dehors des heures de travail fourni par l’entreprise afin que chacun puisse prendre conscience de sa situation.

Comme nous le voyons ce droit revendiqué à la déconnexion dépasse le simple cadre un peu réducteur de l’utilisation des outils pour s’intéresser au-delà à la façon dont est organisé le travail dans l’entreprise. Un chantier bien plus vaste certes mais nécessaire si nous souhaitons une mise en place effective et profitable à tous du droit à la déconnexion, droit qui trouve dès lors son corollaire dans le devoir de déconnexion -pourtant absent du texte de loi – que nous devons nous imposer pour respecter les autres.

 

 

Article LE MONDE 9 mai 2017

Laurent Berger à Emmanuel Macron : « Partagez le pouvoir ! Donnez de l’air à notre société ! »

Dans une lettre publiée par Le Monde.fr, le secrétaire général de la CFDT met en garde le nouveau président de la République.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/09/laurent-berger-a-emmanuel-macron-partagez-le-pouvoir-donnez-de-l-air-a-notre-societe_5124826_3232.html#6ROwzO0ehx5zYhcP.99

De gauche à droite: l’économiste Jean Pisani-Ferry, Emmanuel Macron, Laurent Berger et Frédéric Sève, secrétaire général du SGEN-CFDT, le 20 avril.

De gauche à droite: l’économiste Jean Pisani-Ferry, Emmanuel Macron, Laurent Berger et Frédéric Sève, secrétaire général du SGEN-CFDT, le 20 avril. PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

Monsieur le président de la République,

Vous venez d’être élu par plus de vingt millions de Français qui ont choisi de vous apporter leur voix. Votre élection représente la victoire de la République sur la haine.

Fidèle à ses valeurs, la CFDT a pris toute sa part dans le combat pour faire barrage à l’extrême droite. Il y a des moments dans l’histoire qui ne supportent pas l’ambiguïté : notre appel à voter pour vous au second tour a été clair.

Les conditions particulières de votre élection vous obligent certes à tenir compte de ceux qui vous ont soutenu, mais aussi de ceux qui ont voté pour vous, non par adhésion à votre programme, mais par rejet du Front national.

Recréer de la cohésion

Lors de cette élection, les Français ont exprimé autant de peur et de défiance que d’attentes et d’espoir, auxquels il faut répondre. Ce qui s’est exprimé, c’est aussi une aspiration à la fraternité, à la solidarité et à l’amélioration des conditions de vie et de travail face à la précarité, au chômage et à la pauvreté.

C’est d’une ambition partagée et d’un projet d’avenir dont nous avons besoin pour sortir par le haut de la dépression collective dans laquelle nous sommes englués. Il faut recréer de la cohésion, ouvrir des perspectives pour chacun et pour tous les territoires de la République, lutter contre les divisions qui nous minent et le repli sur soi.

Construire un monde de progrès et de justice sociale, où chacun peut trouver sa place et mener une vie digne, où la jeunesse retrouve confiance dans l’avenir.

Créer des emplois de qualité

C’est un projet à mener au niveau européen : si la convergence économique et fiscale que vous appelez de vos vœux est indispensable, l’Union européenne doit avant tout être plus sociale et créer de la solidarité entre Etats, mais aussi entre citoyens européens. De nombreuses initiatives pourraient le permettre, comme la garantie de salaires minimum en Europe, ou d’une assurance-chômage…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/09/laurent-berger-a-emmanuel-macron-partagez-le-pouvoir-donnez-de-l-air-a-notre-societe_5124826_3232.html#6ROwzO0ehx5zYhcP.99

Programme du FN. L’illusion sociale, sans les syndicats et contre les salariés

23 mars 2017 Par Rachida El Azzouzi. 
Article MEDIAPART
Marine Le Pen joue la carte du social pour mieux se mettre « le peuple » dans la poche. Une de ses plus grandes supercheries. Décryptage.

 

« Le peuple ». Marine Le Pen l’invoque en permanence. Au point d’avoir réussi l’une des plus grandes impostures de ces dernières années : faire croire que son parti, le Front national, est le parti des classes populaires, des ouvriers, des salariés, de la France d’en bas acculée par la crise économique, le chômage, la pauvreté, « des invisibles », « des oubliés ». Un vocabulaire et des références qu’elle n’a pas craint d’emprunter à la gauche de l’échiquier politique…

Son père avait déjà usé des accents de gauche à l’aube des années 2000. Elle a fini de prendre ce virage social, alors que les discours et les propositions frontistes ne sont ni neuves, ni sociales. Et que les premières victimes de son programme économique et social seront ceux-là mêmes qui votent ou qui veulent voter pour elle.

Derrière les mots, sous le vernis d’un programme ni chiffré ni détaillé, qui compile des mesures de gauche « pour faire de gauche » (soutenir les services publics, les bas salaires, le retour de la retraite à 60 ans, dégeler le point d’indice des fonctionnaires, retirer la loi sur le travail…) et des rengaines poujadistes et néolibérales (la défense des petites entreprises et des artisans étranglés par les charges et les procédures administratives, l’apprentissage à 14 ans…), ce n’est pas « une France apaisée » qu’elle vise, comme le clame le nouveau slogan du parti, mais bien une France encore plus fracturée socialement, où les solidarités seront mises à mal.

L’a-t-on vue, elle ou les élus de son parti, descendre dans les rues soutenir les ouvriers, les employés luttant pour leur emploi, leur usine, à travers la France, les PSA, Goodyear, ArcelorMittal, Doux, Alstom, Air France, etc. ? Un exemple emblématique parmi d’autres : les 24 élus frontistes du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont Jean-Marie Le Pen, ont refusé de voter une motion de « solidarité » avec les 182 salariés de l’usine de thés Fralib, sacrifiés par le géant Unilever qui verse des milliards à ses actionnaires…

La finance. C’est pourtant l’ennemi, jure le Front national, pour mieux attirer les électeurs dans ses filets. En réalité, il s’oppose à la fixation d’un salaire maximum pour les grands patrons. Comme il s’oppose à l’augmentation du Smic, alors qu’il martèle qu’il est le parti du « redressement du pouvoir d’achat des Français ». « Cela entraîne une charge supplémentaire pour les entreprises, qui sont déjà dans une très grande fragilité dans notre pays », a décrété Marine Le Pen. Mais le Smic, régulièrement présenté comme « un problème » en France, rarement comme un instrument de justice sociale, c’est le salaire minimum d’environ 3,1 millions de salariés. Soit 13 % de l’ensemble des salariés en France, qui gagnent 1 150 euros net par mois.

Les mesures de Le Pen pour le pouvoir d’achat sont encore moins précises qu’en 2012, où elle assurait que tous les salaires jusqu’à 1 500 euros seraient revalorisés de 200 euros net par mois grâce à « l’instauration d’une contribution sociale aux importations de 3 % sur la valeur des biens importés ». Désormais, Le Pen ne parle plus que de « prime de pouvoir d’achat » pour « les bas revenus et les petites retraites ». « Elle représentera près de 80 euros par mois », annonce-t-elle au Monde. Et elle la financera avec toujours le même mécanisme de taxe sur l’importation, qui sera supporté en définitive… non pas par le grand capital, mais par les salariés et les retraités, et tous les autres consommateurs.

Sur le plan des mutations du travail, de sa raréfaction, rien. Marine Le Pen donne la priorité aux petits patrons. Elle promet d’« alléger la complexité administrative et fiscale » qui pèse sur les PME, de recentrer sur celles-ci et sur les start-up le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), et de refondre le RSI, le régime de sécurité sociale des indépendants, un des plus grands cauchemars administratifs de ces dernières années, qui cristallise la colère des entrepreneurs et est devenu un sujet de campagne (lire ici notre enquête).

Elle promet « une amnistie générale des arriérés des cotisations sociales de tous les indépendants » si elle est élue et de laisser le choix aux indépendants, soit de s’affilier au régime général, soit de conserver un système spécifique, mais sur la base de l’auto-déclaration, une souplesse qui ne va rien résoudre, surtout pas la question du niveau des cotisations à verser pour obtenir des prestations correctes.

La candidate du FN promet d’abroger la loi sur le travail tant décriée, qui a fini de flexibiliser le salariat et bouleversé des pans entiers du code du travail, notamment en matière de temps de travail. Elle assure ne pas vouloir toucher à la durée hebdomadaire légale du travail et aux 35 heures, mais elle cultive l’ambiguïté en ouvrant la porte aux dérogations « au niveau des branches professionnelles », tout en affirmant l’impossible, que ces renégociations ne peuvent se faire sans compensation salariale, et en rétablissant la défiscalisation des heures supplémentaires.

Cette défiscalisation était la mesure phare du « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy en 2007, celle qui lui a permis de s’attaquer indirectement aux 35 heures et que Marine Le Pen critiquait alors vertement. Cette dernière veut aussi rétablir l’apprentissage à 14 ans, soit le retour du travail des enfants, une vieille antienne de la droite.

Autre proposition choc de Marine Le Pen : inscrire la « priorité nationale » dans la Constitution après référendum et en faire la pierre angulaire de sa politique, notamment en matière d’emploi. Le Pen veut imposer, après la sortie de l’euro, une taxe additionnelle sur toute nouvelle embauche d’employé étranger, y compris européen. Et le montant pourrait être de l’ordre de « 10 % du salaire brut mensuel du salarié étranger », selon Florian Philippot (au micro de RTL). Une telle taxe existe déjà aujourd’hui. Un employeur qui embauche un travailleur non européen pour 3 à 12 mois paye une taxe de 70 à 300 euros.

Le Pen veut privilégier les entreprises françaises dans l’attribution de marchés publics et lutter contre la directive sur les travailleurs détachés, en l’abrogeant pour mieux défendre le repli national, son obsession. Le Pen oublie, comme la droite qui marche dans ses pas avec ses clauses Molière nauséabondes, que la France, après la Pologne et l’Allemagne, est le pays qui détache le plus de travailleurs en Europe et qu’elle serait bien embêtée si l’on demandait à ces salariés de parler la langue du pays dans lequel ils échouent.

Le FN n’a jamais appelé à manifester aux côtés des Français contre les réformes libérales qui se succèdent depuis trente ans et malmènent notre système de retraites. À l’automne 2010 pourtant, le parti d’extrême droite ne cessait de dénoncer le caractère « injuste et inefficace » de la réforme Sarkozy. Sept ans plus tard, alors que l’âge légal de départ à la retraite a été maintenu par François Hollande à 62 ans, sauf pour les carrières pénibles – 60 ans –, le FN avance dans le flou et propose de fixer l’âge légal de la retraite à 60 ans, avec 40 annuités de cotisations pour percevoir une retraite à taux plein. Mais il se garde bien de dire si les salariés n’ayant pas leurs 40 ans de cotisation pourraient partir à cet âge-là. Ce qu’il promettait en 2012.

À l’époque, Marine Le Pen martelait « aux Français » : « Ne vous soumettez pas à l’escroquerie qui consiste à vous faire croire que nous n’en avons pas les moyens [du retour de l’âge légal à 60 ans – ndlr]. Nous en avons les moyens. » Si le parti joue les girouettes, c’est parce qu’il est très divisé en interne sur la question, comme le décrypte Libération, les uns, comme Le Pen père, prônant un départ à 65 ans, les autres, comme Le Pen fille, un départ à 60 ans. Concernant la pénibilité, Le Pen, qui veut supprimer le compte pénibilité instauré par Hollande pour « libérer les PME », avance qu’elle sera compensée par une majoration des annuités de retraite, sans plus de précision.

On n’a jamais vu le FN défiler aux côtés des salariés, des retraités, du public, du privé, car il a une aversion pour les syndicats. Marine Le Pen veut se la jouer « sociale », mais sans les syndicats de salariés. Elle les juge « complices » des gouvernements et « discrédités ». En 2014, elle menait la charge au micro d’Europe 1 : « Les syndicats ont refusé de s’opposer au libre-échange total. Ils défendent l’immigration qui pèse à la baisse sur les salaires ; ils défendent l’ouverture totale des frontières imposée par l’Union européenne ; ils s’opposent au protectionnisme qui est le seul moyen d’éviter la concurrence internationale déloyale ; ils s’opposent au patriotisme économique qui permet à l’État de donner un avantage dans les marchés publics aux entreprises françaises. Ils ont accepté ce modèle, ils sont discrédités. »

Le FN veut moraliser la vie syndicale par un contrôle public du financement des syndicats, ce qui reviendrait à mettre les syndicats sous la tutelle de l’État, et « instaurer une véritable liberté syndicale par la suppression du monopole de représentativité ». « Mais aujourd’hui, la liberté syndicale existe, même si elle demeure perfectible, et avec la loi de 2010, dite de modernisation du dialogue social, le monopole de représentativité issu de “l’attitude des syndicats pendant l’occupation nazie” a disparu, tenant compte de l’évolution du pluralisme syndical dans notre pays », rappelle VISA, collectif intersyndical contre le FN, avec notamment la CGT, la CFDT, Solidaires, la FSU.

Ce collectif intersyndical se demande si Le Pen « ne cherche pas plutôt à ouvrir la porte à des syndicats corporatistes (style charte du travail sous Pétain…) qui seraient “plus à même de rentrer dans des logiques de concertation constructive sans recourir au rapport de force (grève, manifestation)”, comme c’est écrit dans son programme de 2012, ou à des faux syndicats, appendices du FN, comme dans les années 1990 ».

COMMUNIQUE DE PRESSE

DÉCLARATION DE LA COMMISSION EXÉCUTIVE DE LA CFDT

CONFÉDÉRATION CFDT (N°18 24 avril 2017)

Les locaux de la CFDT vandalisés

La CFDT condamne avec fermeté l’attaque qui a visé ses locaux, dimanche soir et les menaces de mort qui ont été proférées.

Ces événements intolérables témoignent des dangers qui pèsent sur notre démocratie.

Dès l’annonce des résultats, la CFDT a pris ses responsabilités en appelant à voter pour le seul candidat républicain présent lors du second tour. La CFDT a affiché clairement son rejet du Front National. Cette prise de position est jugée inacceptable pour certains.

La CFDT est et restera intransigeante face aux attaques et aux violences de tous les extrêmes, de droite comme de gauche.

La CFDT a toujours dénoncé les totalitarismes et continuera à défendre les valeurs de démocratie.

La CFDT va bien évidemment porter plainte contre ceux pour qui la violence et la haine sont le seul langage.

COMMUNIQUE DE PRESSE

DÉCLARATION DE LA COMMISSION EXÉCUTIVE DE LA CFDT ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES (23 AVRIL 2017)

 

La CFDT appelle à battre le Front National

La CFDT appelle dès maintenant toutes celles et tous ceux qui sont attachés à notre République à se mobiliser pour battre la candidate du Front National, dimanche 7 mai et donc à voter Emmanuel Macron.

La CFDT s’est toujours battue contre le totalitarisme, la xénophobie et le rejet de l’autre. Pour la CFDT, le Front National n’est donc pas une option. Ses idées constituent une menace pour la démocratie, la solidarité, la justice sociale et l’égalité que la CFDT défend quotidiennement avec d’autres acteurs de la société civile. Face à la menace que fait peser sur la France et l’Europe la présence de Marine Le Pen au second tour, chacun doit prendre ses responsabilités et appeler au sursaut démocratique.

Les résultats de ce soir montrent un pays profondément divisé et en attente d’une dynamique porteuse de progrès social pour tous. En conséquence, cet appel à la mobilisation contre le Front National pose une exigence envers le futur président de la République.

La CFDT, dans les jours à venir, prendra part à toutes les initiatives qui viseront à rassembler les citoyens qui s’engagent pour une France tolérante, fraternelle, généreuse et ouverte sur l’Europe et le monde.