Égalité femmes-hommes : Un premier pas vers l’égalité salariale

Publié le 16/05/2018
Par Marie-Nadine Eltchaninoff

 

La concertation sur l’égalité professionnelle a permis d’affiner les mesures visant à réduire les écarts de salaire et à mieux lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

 

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, ont présenté le 9 mai quinze mesures issues de la concertation sur l’égalité professionnelle et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Peu de différences sont à relever entre le plan d’action final et le document d’orientation qui a guidé la concertation et dont le contenu reprenait en grande partie les préconisations des organisations syndicales. Les six séances de la concertation ont néanmoins permis de préciser et d’enrichir ces propositions, et surtout d’en défendre la substance face à un patronat souvent réticent. « Il a fallu convaincre les organisations patronales, très opposées à l’idée d’obligations supplémentaires, même sur un sujet aussi consensuel que la lutte contre les violences », indique Dominique Marchal, secrétaire confédérale chargée de l’Égalité professionnelle, qui a participé à la concertation.

Sur le plan de l’égalité salariale, Muriel Pénicaud a confirmé l’obligation pour les entreprises de mesurer les écarts salariaux et d’y remédier dans un délai de trois ans, avec l’ambition déclarée de venir à bout des 9% d’écart « inexplicables et inexpliqués », la différence globale étant de 25% en moins pour les femmes. Les entreprises devront mettre en place un dispositif d’évaluation des inégalités d’ici au 1er janvier 2019 pour les entreprises de plus de 250 salariés, et au 1er janvier 2020 pour les entreprises de 20 à 250 salariés. Plusieurs outils sont envisagés afin de documenter les différences de rémunération : un logiciel intégré au logiciel de paie, des indicateurs spécifiques ou l’utilisation de la déclaration sociale nominative. Le gouvernement a confié à Sylvie Leyre, DRH de Schneider, la mission de proposer des solutions d’ici le mois de juin, sur la base d’un cahier des charges élaboré par les partenaires sociaux. Une phase de test dans les entreprises débutera en septembre. « L’annonce du lancement d’une mission pour définir une méthodologie de calcul des écarts salariaux inexpliqués est un premier pas », salue la CFDT dans un communiqué, précisant toutefois que « l’accent mis sur les seuls écarts inexpliqués ne doit pas être un prétexte pour l’entreprise de ne pas agir sur tous les écarts salariaux ». Pour une plus grande transparence, les entreprises auront l’obligation de publier sur leur site les écarts salariaux constatés. Elles devront négocier une enveloppe salariale de rattrapage dans le cadre de la négociation qualité de vie au travail et égalité professionnelle et se mettre en conformité dans un délai de trois ans. Le ministère compte multiplier par quatre le nombre de contrôles réalisés par l’inspection du travail en matière d’égalité professionnelle afin de repérer les entreprises qui ne jouent pas le jeu et s’exposeraient alors à une pénalité de 1% de la masse salariale.

Un référent formé aux questions des violences sexistes et sexuelles

La concertation a également porté ses fruits sur le volet de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Un référent formé à ces problématiques sera identifié parmi les élus du conseil social et économique et, pour les entreprises de plus de 250 salariés, dans les services de ressources humaines. L’affichage des voies de recours possibles (inspection du travail, défenseur des droits, médecin du travail) sera obligatoire. « Pour être effectives, ces mesures doivent s’accompagner de la mise en place d’une procédure simple, claire et connue de tous dans l’ensemble des entreprises », précise Dominique Marchal, qui regrette l’absence de ce point crucial dans le plan d’action présenté. La formation systématique des inspecteurs du travail, des professionnels de la santé au travail, des élus, des délégués syndicaux et des conseillers prud’homaux est également à l’ordre du jour. « Rien n’est dit sur la formation des managers, et pourtant, le rôle de la hiérarchie intermédiaire dans la prévention des violences et du sexisme est primordial », regrette Dominique Marchal. Les salariés des TPE ne sont pas oubliés. Les représentants des salariés des entreprises de moins de 11 salariés se voient confier un rôle de prévention via les commissions paritaires interrégionales – « un nouveau droit important pour les salariés », se réjouit la CFDT. La plupart des mesures présentées seront intégrées sous forme d’amendements au projet de loi « avenir professionnel », dont l’examen à l’Assemblée doit débuter à la fin du mois de mai.

mneltchaninoff@cfdt.fr 

Le temps partagé : un succès grandissant

Les clés du social

mercredi 23 mai 2018

Cette forme d’emploi, apparue il y a une trentaine d’années, se répand dans toute la France. Cela concernerait plus de 430 000 personnes, exerçant sous des statuts variés. Cette forme d’emploi innovante soit répond à une certaine forme de flexibilité et de liberté soit est un mode de sortie du chômage. Dans le cadre d’un projet d’étude collectif, la promotion IGS-RH5 a effectué un travail de recherche par une enquête nationale sur les avantages et les limites du travail partagé.

 

Qu’est-ce qu’un temps partagé pour une entreprise ou pour un particulier ?

  • Une entreprise de travail à temps partagé (ETTP) est une entreprise dont l’activité exclusive consiste à mettre à disposition d’entreprises clientes du personnel qualifié, des conseils en matière de gestion et de formation.
  • Un particulier qui travaille dans plusieurs entreprises avec la possibilité d’avoir plusieurs statuts.

Ne pas confondre avec les pluri-employeurs ou le pluri-professions (Voir Clés du social – Les pluriactifs : quels sont leurs profils et leurs durées de travail ? [1]).

Méthodologie de l’enquête, réalisée du 15 octobre 2014 au 15 avril 2015, avec deux approches combinées :

  • -1- Une approche qualitative par 23 entretiens pour des personnes de 24 à 64 ans, avec un équilibre entre hommes et femmes, habitant des régions géographiques différentes, ayant des fonctions multiples comme employé, expert, manager, chef de projet…et exerçant plusieurs formes de travail en temps partagé (professionnels indépendants, personnes en portage salarial, salariés multi-employeurs).
  • -2- Une approche quantitative avec deux questionnaires. L’un à destination des personnes qui travaillent que ce soit en temps partagé ou pas, diffusé par l’IGS-RH et le Portail du Temps Partagé (763 réponses). Le second à destination des employeurs (ETTP) susceptibles de recruter des personnes en temps partagé, diffusé par l’ANDRH et la CGPME (161 réponses). Les deux questionnaires ont été mis en ligne pendant trois semaines.

L’analyse de l’enquête a permis d’infirmer deux hypothèses :

  • -1- hypothèse : « Il y a plus de femmes que d’hommes en temps partagé ». Lors des entretiens, les interviewés déclaraient « le temps partagé convient plus aux femmes. Il y a les enfants qu’il faut gérer ». Or, l’analyse de l’enquête nous montre que ce sont les hommes qui ont le plus recours au temps partagé.
  • -2- hypothèse : « Le choix du temps partagé est fondé sur la volonté de concilier vie professionnelle et vie personnelle ».

L’enquête nous démontre que ce choix est d’abord lié à la possibilité d’exercer un métier qui passionne :

  • « C’était une vraie envie pour moi de faire le temps partagé. Je suis un peu tombé amoureux de ce dispositif » ;
  • « Le temps partagé, c’est une forme de liberté. Je négocie avec moi-même ;
  • « Le plus gros avantage du temps partagé c’est qu’on a une liberté d’entreprendre, de pouvoir travailler sur des sujets que je choisis ».

La proportion de salariés en temps partagé selon l’âge : 46 % de salariés en temps partagé ont entre 40 et 49 ans. L’utilisation du temps partagé devient de plus en plus significative dès que les personnes atteignent la tranche d’âge 40-49 ans. « Je me suis rendu compte qu’arrivés dans la cinquantaine les salariés commençaient à rencontrer des difficultés dans l’entreprise et moi j’avais plutôt envie d’anticiper ces difficultés plutôt que de les subir. Maintenant je pense que ce choix était le bon » « La vie que j’ai aujourd’hui serait incompatible avec le fait d’avoir des enfants ».

Présence d’un élément important dans la carrière des personnes à temps partagé : 77 % des personnes en temps partagé déclarent avoir vécu un événement important dans leur carrière. Cette proportion est beaucoup plus faible chez les personnes qui ne sont pas à temps partagé. Sont le plus souvent cités des événements liés à une rupture avec l’entreprise, comme un licenciement ou un conflit avec son entreprise ou son manager. 33 % des répondants travaillant en temps partagé ont 2 enfants. 18 % des répondants travaillant en temps partagé ont 3 enfants ou plus. Dans l’échantillon, les parents d’un enfant ou de trois enfants ou plus sont surreprésentés au sein des salariés en temps partagé.

La proportion de salariés en temps partagé suivant la zone géographique : 67 % des salariés en temps partagé sont situés en région contre 33 % en Île de France. Cela est sans doute dû au fait qu’en Île de France le bassin d’emploi est plus important qu’en régions. Dans l’échantillon, la proportion en faveur de la province est moins forte au sein des personnes qui ne sont pas en temps partagé.

Le second questionnaire concerne les employeurs susceptibles de recruter des professionnels en temps partagé. La population de répondants est représentée par une majorité de personnes appartenant à l’ANDRH venant d’entreprises variées (petites, moyennes et grandes entreprises) et cette population occupe pour plus de 45 % un poste de DRH. Les différents cas de recours au temps partagé : 44 % des entreprises interrogées déclarent avoir recours au temps partagé pour recruter des cadres. 14 % des entreprises qui utilisent le temps partagé s’en servent pour le management de projet tandis que 11 % y ont recours pour le management d’équipe.

Les bénéfices pour les entreprises de recruter des personnes à temps partagé. Ce sont surtout : un apport de compétences pour 38 %. Avoir l’intervention d’un professionnel en fonction des fluctuations de l’activité de l’entreprise pour 29 %. La possibilité de travailler avec des professionnels qu’ils n’auraient pas pu recruter pour 25 %.

Temps partagé et employabilité : Il ressort du questionnaire que les personnes qui exercent une activité à temps partagé se sentent tout aussi employables et sont plus satisfaits de leur vie professionnelle que les personnes ne travaillant pas en temps partagé. « Je trouve que cela m’a ouvert d’autres portes, un univers qui m’est étranger ».

Les personnes interviewées mettent en avant le fait que le temps partagé permet une forme de flexibilité et de liberté. Il permet de s’adapter aux changements du monde du travail et d’assurer une certaine transition professionnelle. « Il faut être vraiment caméléon. Clairement, aujourd’hui je suis en costume ; demain je vais dans une entreprise de BTP, si j’y vais en costume on va me prendre pour un huissier, je vais donc être en jeans et chaussures de chantier. ». « J’ai ces deux ou trois casquettes. Il faut vraiment être acrobate, sauter du coq à l’âne en permanence ».

Pour David Bibard, fondateur du Portail du temps partagé :

« Selon la troisième édition de notre baromètre annuel, 93 % des professionnels exerçant leur activité à temps partagé se disent satisfaits de leur situation et souhaitent conserver ce mode d’organisation. Parmi les répondants, 33 % apprécient la diversité des missions, 25 % l’autonomie et 23 %, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle ».


Références

Ce projet en quelques chiffres, c’est 36 étudiants, 23 personnes en temps partagé interviewées, 2 questionnaires réalisés. 6 mois d’études, de recherches, de doutes, de bonheur et de fierté :

Déclaration des événements indésirables : la HAS compte sur les professionnels

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Mis à jour le 23.05.2018

 

Parce qu’il met en jeu comportements humains, organisation complexe de soins et fragilité du patient, le domaine de la santé comporte des risques. La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle ainsi l’importance cruciale de faire remonter les informations dans ce domaine. En effet, un événement indésirable non signalé et non analysé ne peut être corrigé de façon adéquate, rappelle-t-elle, et met en péril la sécurité des patients.

infirmiers urgences
« Les causes de survenue d’un événement indésirable sont multifactorielles et non pas le fait d’une seule personne ».

La gestion des risques associés aux soins est une condition de l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins au bénéfice du patient. C’est ce que rappelle régulièrement la Haute Autorité de Santé. Certains événements indésirables ne sont pas remontés par les professionnels, souvent par peur d’être montrés du doigt. Or cette non-communication d’information empêche toute correction. Un événement indésirable non signalé et non analysé ne peut être corrigé de façon adéquate. En conséquence, il risque de se reproduire régulièrement, détaille la HAS.

De l’efficacité d’une approche non punitive

Les causes de survenue d’un événement indésirable sont multifactorielles et non pas le fait d’une seule personne : un soin mobilise une chaîne d’intervenants qui doivent communiquer et se coordonner, implique une succession de tâches à accomplir et d’interactions avec le patient, souligne la HAS, rappelant que la culture punitive et la recherche d’un coupable sont inefficaces.

Pour la Haute Autorité de Santé, seule la remontée de ces informations, qui repose de fait sur l’ensemble des professionnels, permet d’y faire face et d’éviter qu’ils ne se reproduisent. Comprendre les causes profondes des événements qui sont survenus est l’unique moyen d’éviter qu’ils ne se reproduisent. Cela nécessite un engagement des professionnels de santé qui doivent déclarer les événements indésirables, les analyser collectivement, cartographier les risques et rechercher des actions correctrices. Différents dispositifs déployés ou promus par la HAS tendent à faciliter les choses : l’accréditation des médecins des spécialités à risque, la certification des établissements de santé mais également des programmes spécifiques comme les revues de morbi-mortalité, le travail en équipe, ou encore la simulation en santé.

La HAS incite fortement les équipes de terrain à poursuivre leur mobilisation et leur engagement au quotidien sans laisser l’instrumentalisation de la culture de la traçabilité l’emporter sur l’intérêt des malades.

238 dossiers en cours d’analyse

Enfin, la HAS s’est vue récemment confier une mission d’analyse des événements indésirables graves dont la déclaration est obligatoire pour les professionnels de santé, quel que soit leur mode d’exercice. Elle a ainsi recueilli, pour l’année 2017, 238 dossiers anonymisés. Elle doit à présent – avec l’aide d’un groupe d’experts – analyser ces événements pour en tirer des enseignements et envisager des pistes d’amélioration dans un rapport à paraître à la rentrée.

La rédaction d’Infirmiers.com

 

Les soignants à bout, la qualité des soins en berne

Ce système de santé s’autodétruira dans…

La qualité des soins en chute libre, les soignants s’engagent toujours plus pour pallier cette dégradation. Résultat : la situation devient intenable ! Tel est le constat de cette nouvelle enquête réalisée auprès de plus de 2000 professionnels de santé dont la majorité était des infirmiers. Ceux-ci jugent aujourd’hui la qualité des soins « très moyenne » et sont « pessimistes » quant à son évolution…

maison qui brûle
La qualité des soins est en chute libre, les soignants en payent le prix !

Mention tout juste passable ! Les médecins et les infirmiers en exercice jugent que la qualité des soins en France mérite à peine la moyenne alors que notre système de santé est considéré comme un des meilleurs du monde. C’est ce que révèle une enquête en ligne réalisée par 360 médics en partenariat avec Egora. Elle démontre notamment une dégradation importante du système de soins sur ces cinq dernières années.

En effet, 2697 professionnels de santé ont complété le sondage mis en ligne du 12 au 30 avril 2018. En totalité, les réponses de 951 médecins (44%) ou étudiants en médecine et 1217 infirmiers (56%) ou étudiants en soins infirmiers (encadré ci-dessous) ont été conservées pour analyse. Parmi les infirmiers, une petite majorité était salariée à l’hôpital. De manière générale, les données ont été pondérées selon le métier exercé et le mode d’exercice. Ainsi, la note des infirmiers en exercice représente 72,23% de la note finale.

L’autodestruction du système santé est en cours

La qualité des soins : une baisse drastique depuis 5 ans

La perception de la qualité des soins par les professionnels de santé est au plus bas : les infirmiers en exercice délivrent la faible note de 5,11/10. Pour les paramédicaux salariés non hospitaliers, celle-ci bascule même en dessous de la moyenne avec 4,87/10. Pour comparaison, les praticiens sont à peine plus cléments avec une note de 6,31/10. Ce jugement sévère pourrait avoir une moindre signification si le sentiment de dégradation n’était pas aussi important sur ces cinq dernières années. En effet, 88 % des professionnels de santé (77% des médecins et 92% des infirmiers en exercice) pointent du doigt une déliquescence du système de soins.

Ce sentiment est d’autant plus fort pour le personnel hospitalier (64% des infirmiers de la fonction publique contre 55% des libéraux). Le constat est particulièrement affligeant en Bretagne, sans doute parce que c’est une zone engagée dans ce domaine. En effet, plus les professionnels sont engagés plus leur jugement est sévère.

De plus en plus de contraintes et de moins en moins de temps

Le principal facteur impactant est, sans surprise, la surcharge de travail qui pèse sur les soignants. Les salariés non hospitaliers sont les premiers à demander davantage de personnel. Alors que d’après le rapport de la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) il n’y aurait jamais eu autant de soignants ! Mais la vérité c’est que l’on n’a jamais eu non plus autant de patients âgés et pluripathologiques qui nécessitent une prise en charge complexe, explique le Dr Grégoire Pigné, président de 360 médics. Ensuite, ce sont les contraintes administratives imposées (comme le tiers payant) qui sont citées comme élément déclencheur, juste avant le manque de moyens financiers.

Si on regarde à présent à l’échelle de l’individu : même constat. Les conditions matérielles sont considérées comme la cause principale de la dégradation de la qualité des soins notamment pour les infirmiers exerçant à l’hôpital. Le moral et le mal-être est le second facteur signalé. Le malaise semble plus présent chez les paramédicaux qui semblent faire face à une pression accrue. Ils ont le sentiment d’une perte d’accomplissement professionnel, suggère le praticien en mettant en lien l’enquête menée en novembre sur les professionnels de santé montrant un réel épuisement moral comme physique chez la totalité des répondants (47% avaient été touchés par un burn out et 53% reconnaissaient que leur état avait des répercussions sur leur capacités au travail).

Les soignants s’engagent davantage pour pallier cette dégradation

Le désir de bien faire toujours présent

Malgré la situation, les soignants restent très engagés. Par exemple, ils sont 96% à participer activement à transmettre de manière qualitative les informations aux patients. De même, les professionnels tiennent à être à jour sur leurs connaissances. Un infirmier sur deux se tient informé de l’actualité spécialisée de manière au minimum hebdomadaire (contre 8 médecins sur 10). Mieux encore, 20% des infirmiers libéraux le font de façon quotidienne.

Au niveau individuel, cet engagement est encore plus visible, et ce quel que soit leur mode d’exercice. Seuls 14% des infirmiers admettent être démotivés et faire preuve de moins d’engagement personnel. Au contraire, ils sont même encore plus présents afin de pallier la baisse de qualité des soins : 79% ont déclaré redoubler d’efforts dans ce sens.

En outre, pour améliorer les soins, les professionnels de santé tentent de mettre en place des stratégies. Par exemple, 7/10 ont recours à divers outils pour s’aider dans la pratique quotidienne. Les bases de données médicamenteuses et les messageries sécurisées de santé figurent parmi les outils les plus sollicités y compris par les infirmiers. Les délégations de tâches peuvent être l’une des raisons.

On remarque donc un important investissement personnel pour optimiser la qualité des soins de la part de tous les soignant. Mais faute de personnel, ceux-ci sont au bord de l’épuisement. L’autodestruction de notre système de santé est en cours. Il faut faire des économies, or, ce qui coûte le plus cher c’est la main d’œuvre, donc les soignants, souligne le Dr Pigné. Pourtant, la richesse de notre système demeure dans ses professionnels qualifiés ! Pour le praticien, pour enrayer le phénomène, il faut se recentrer sur l’essentiel : les soignants. Le système de soins a été conçu pour servir les professionnels de santé, mais aujourd’hui, au lieu de cela, il leur impose de plus en plus de contraintes. Il préconise également de faire en sorte que ces filières attirent toujours les meilleurs. Dans le même registre, il serait préférable qu’il n’y ait pas d’intermédiaire entre les soignants et les patients. Le professionnel ne travaille plus pour son patient mais pour le réseau de soins. Pour lui, le réseau de soin peut par conséquent imposer des décisions au professionnel de santé, probablement les moins coûteuses mais pas forcément les meilleures pour le patient.

Les étudiants en soins infirmiers sont conscients des problèmes

Parmi les infirmiers questionnés 21% étaient encore étudiants. Toutefois, il se rendent parfaitement compte de la gravité de la situation. Leur note sur la qualité des soins est quasi-identique à celle des infirmiers en exercice (5,28/10 contre 5,11/10). Ils sont 82% à confirmer une dégradation significative et la même proportion pense que cela nécessite un engagement personnel plus important.  A l’échelle individuelle, les facteurs impactant la qualité des soins qui sont cités sont les mêmes que pour les soignants en exercice. En revanche, au niveau global, ils estiment que le mal-être des professionnels de santé et le manque de moyens financiers est plus dommageable que les contraintes administratives. Fait remarquable : ils sont 41% à se sentir très engagés dans une formation diplômante, ce qui n’était pas le cas pour les infirmiers en exercice.

Roxane Curtet Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

CHU de Tours : « On ne doit pas dire ce qui se passe à l’hôpital »

Les agents grévistes n’ont plus le droit d’afficher leurs revendications devant les patients.
Les agents grévistes n’ont plus le droit d’afficher leurs revendications devant les patients.
© (Photo archives NR)

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Tandis que les mouvements de grève contre les restructurations se multiplient au CHU de Tours, Sud Santé dénonce « l’omerta » imposée par la direction.

Validé il y a tout juste un an, le plan de restructuration du CHU de Tours – qui prévoit le regroupement de nombreux services dans un nouveau bâtiment à Trousseau d’ici 2026 – est entré dans une phase active. Souvent dans la douleur.

Depuis le début de l’année, une cinquantaine de lits (et presqu’autant de postes) ont déjà été supprimés à la faveur des mutualisations et réorganisations entraînant des mouvements de grève des personnels concernés. Dernier exemple en date : le service de pneumologie de l’hôpital Bretonneau où huit lits devraient être fermés malgré un taux d’occupation de 96 % et une charge d’activité très importante. « Le plan de la direction ne laisse aucune place à l’imprévu, aux urgences vitales et aux soins palliatifs. Nous avons à faire à une gestion technocratique qui ne tient pas compte de la réalité », déplorent les soignants en grève.
Plainte contre X Dans ce service comme dans la plupart des services du CHU, le dialogue social s’est considérablement durci ces derniers mois. Pour preuve, ce récent courrier de la direction qui rappelle aux grévistes (réquisitionnés) qu’ils n’ont pas le droit d’afficher leurs revendications et leurs états d’âme en présence des patients ou du public. « Le personnel subit des pressions. L’encadrement cherche à culpabiliser les grévistes. La parole des médecins n’est pas prise en compte. On ne doit pas dire ce qui se passe à l’hôpital ; on veut nous imposer une véritable omerta. Tout cela est inacceptable », s’insurge François Baudry, délégué Sud-Santé.

Déjà cet hiver, les syndicats s’étaient offusqués d’une note de la directrice générale du CHU rappelant les agents hospitaliers à leur « obligation de réserve » afin de ne pas nuire à « la considération du service public », au risque d’une sanction disciplinaire.

La chasse aux sorcières serait-elle ouverte ? Récemment, François Baudry a eu la surprise d’être convoqué par la police à la suite d’une plainte contre X pour vol de documents. En l’occurrence, la direction chercherait à savoir par quels biais les conséquences du plan de restructuration du CHU avaient été révélées dans la NR dès le mois de mars 2017, alors que ces informations n’étaient pas encore officielles. L’enquête se poursuit.

Les personnels en grève du CHU iront jeudi 17 mai à la rencontre des Tourangeaux sur la place Jean-Jaurès, de 12 h 30 à 14 h 30.

 

 

Grèves : Laurent Berger s’oppose à une « vente à la découpe de la SNCF »

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Entretien

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a répondu aux questions du Monde sur la poursuite de la grève de cheminots contre la réforme de la SNCF voulue par le gouvernement.

Dans cette vidéo, le responsable syndical revient sur les conditions de l’arrêt de la mobilisation, laquelle a repris de la vigueur, lundi 14 mai, alors que le mouvement semblait s’essouffler. Pour la dix-huitième journée de mobilisation, le taux de grévistes parmi le personnel indispensable à la circulation des trains s’élevait à 49,8 %.

LE MONDE
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/entreprises/video/2018/05/15/greves-laurent-berger-s-oppose-a-une-vente-a-la-decoupe-de-la-sncf_5299481_1656994.html#TXUyCdp92fkEmm70.99

 

Manifestation du 26 mai: « Aucune chance » d’y voir la CFDT, dit Laurent Berger

Manifestation du 26 mai: "Aucune chance" d'y voir la CFDT, dit Laurent Berger
Laurent Berger (centre), secrétaire général de la CFDT, le 7 mai 2018 à Paris
©FRANCOIS GUILLOT, AFPEntrer une légende

AFP, publié le lundi 14 mai 2018 à 08h42

Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a déclaré lundi qu’il n’y avait « aucune chance » de voir son organisation défiler le 26 mai, à l’appel notamment de La France Insoumise, et considère comme « une faute » qu’un syndicat y participe. 

« Il n’y a aucune chance de voir dans un défilé qui a une connotation politique – et je ne juge pas le contenu de ce défilé, ce n’est pas mon problème -, de voir la CFDT », a tranché le secrétaire général de la centrale syndicale sur Cnews.

« Je ne ferai pas ce chemin en arrière de l’indépendance du syndicalisme qui a été fait depuis 20-30 ans. C’est mortifère pour le syndicalisme », a expliqué le leader syndical. Pour lui, la CFDT doit rester sur un combat syndical. « Le combat politique, c’est autre chose. Il a sa noblesse, mais il concerne ceux qui le mènent », a-t-il souligné.

« Ce serait une faute qu’une organisation syndicale, quelle qu’elle soit, appelle le 26 mai. Ce n’est pas le rôle du syndicalisme », a encore dit M. Berger.

Plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives, dont La France Insoumise et Solidaires, envisagent d’organiser une « marée populaire » le samedi 26 mai pour « l’égalité, la justice sociale et la solidarité ».

La CGT a lancé une consultation jusqu’au 16 mai auprès de ses organisations pour voir si elle devait participer ou non à cette initiative. Elle a jusqu’à présent refusé de participer à des manifestations organisées par La France Insoumise, au nom de son indépendance.

 

 

 

 

 

SIGNEZ ET PARTAGEZ NOTRE PETITION

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NOUS SOMMES UNE RICHESSE ET NON UN COÛT

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Au CH FALAISE, afin de dénoncer le ras-le-bol du personnel hospitalier, la section CFDT vous propose de signer sa pétition.

Nous sommes syndicalistes à la CFDT et nous regrettons chaque jour :

  • le manque de moyens dans nos Établissements de santé,
  • notre service public qui se dégrade chaque jour un peu plus,
  • matériel vétuste et non-remplacable ni réparable, locaux inadaptés,
  • un dialogue social de surface, mais qui ne permet pas aux agents d’être réellement entendus,
  • rappels sur repos suite aux arrêts entraînant une fatigue des agents et des burn-out, qui génèrent de nouveaux arrêts et ainsi de suite … c’est un engrenage sans fin.

                              Nous sommes une richesse et non un coût !

A la CFDT, nous voulons :

  • une approche qui ne soit pas uniquement budgétaire dans la Fonction Publique car nous prenons en charge des enfants, des femmes et des hommes !
  • une accessibilité à TOUS les usagers avec un service public de qualité,
  • une prise en compte de la parole et du ressenti de nos agents et collègues,
  • l’égalité femme/homme,
  • des mesures collectives : notamment augmentation de la valeur du point d’indice, la mise en œuvre du PPCR et une compensation de la CSG.

Nos patients sont aussi vos enfants, vos parents ou grands-parents, votre tante ou votre oncle, votre compagne ou votre compagnon, votre épouse ou bien votre époux, alors si vous aussi vous souhaitez que nos Établissements de santé puissent continuer de proposer des prises en charge de qualité, rejoignez-nous et signez notre pétition.

BATTONS-NOUS ENSEMBLE POUR DES PRISES EN CHARGE DE QUALITÉ